Gulliver,
le dernier voyage

Création 2021 – 75e Festival d’Avignon

Les 19, 20, 21 et 23, 24 juillet 2021

© Hélène Delprat, Adagp, Paris, 2021.
Chanson de geste pleine de héros épiques qui forcent l’admiration (détail), 2013 — Pigments et liant acrylique, crayon de couleur et gouache sur toile 160 x 180 cm — Courtesy de l’artiste et de la Galerie Christophe Gaillard.

Distribution
Adaptation et réécriture librement
inspirées des Voyages du Gulliver de
Jonathan Swift
Mise en scène
Madeleine Louarn
& Jean-François
Auguste
Dramaturgie &
ateliers d’écriture
Pierre Chevallier &
Leslie Six
Scénographie
Hélène Delprat
Création musicale
Alain Mahé
Création lumières
Mana Gautier
Création costumes
Clémence Delille

 

Avec
Pierre Chevallier et
les interprètes de l’Atelier Catalyse :
Tristan Cantin,
Manon Carpentier,
Guillaume Drouadaine,
Christelle Podeur,
Jean-Claude Pouliquen,
Sylvain Robic

Accompagnement
pédagogique
Erwanna Prigent &
Julien Ronel
Régie générale
Thierry Lacroix
Régie lumières
(en cours)
Régie son
Cyrille Lebourgeois

Création

Festival d’Avignon

Production déléguée

Centre National pour la
Création Adaptée

Cie For

Happy people And Co

Coproduction

MC 93 – Maison de la Culture
de Seine-Saint Denis à Bobigny
Le Quartz, Scène nationale de Brest
La Comédie de Reims
Théâtre National de Bretagne
Centre Européen Théâtral et Chorégraphique
MC2 Maison de la culture – Scène nationale de Grenoble
Points communs – Nouvelle Scène nationale de Cergy-Pontoise
/ Val d’Oise
Théâtre des 13 vents – CDN Montpellier
Théâtre du Pays de Morlaix – Scène de territoire pour le théâtre
ESAT des Genêts d’Or

Construction décor

Ateliers de la MC93

Avec la participation artistique du Jeune théâtre national

Remerciements à l’Atelier du Théâtre National de Bretagne

Durée : 1h20

Poursuivre le chemin commencé il y a 30 ans

En 1990, nous avions mis en scène le quatrième chapitre des Voyages de Gulliver « Chez les Houyhnhnms » qui raconte la découverte d’une société de chevaux civilisés, où la place des bêtes incultes est tenue par des humains. Cette transposition était pour nous une manière de poser la question de ce qui fait un humain. C’était une manière de parler de handicap, d’interroger la place qui leur est faite et l’humanité que la société leur prête.
La grande force de Swift est d’aborder des questions intemporelles et de nous permettre d’y voir des ramifications contemporaines.

Pour cette nouvelle création nous adapterons le troisième voyage de Gulliver, « A Laputa, Balnibarbi, Glubbdubdrib, Luggnagg et au Japon ». Swift y interroge nos fragilités collectives et nos fragilités individuelles. Il nous parle de peur de la fin du monde et de la conscience de la mort. Il questionne nos réponses sociales et personnelles, nos réactions irrationnelles, nos utopies, nos maladresses et nos éternelles contradictions. Il faut lire Les Voyages de Gulliver comme des contes philosophiques.

Un conte tous publics

Adapter ce voyage de Gulliver au théâtre nous permet de construire une histoire qui puisse s’adresser à tous : de nos jours l’appréhension du changement climatique (disparition de la planète Terre) concerne à la fois les enfants, les adolescents et les adultes. De même, les questions de la mort et de ce qui peut ou non être dépassé dans notre condition sont des questions éthiques qui nous touchent tous. Pour cela, nous sommes convaincus de la nécessité d’une forme qui puisse s’adresser à tous : un conte à la fois philosophique et initiatique où la fiction est totalement revendiquée, tout comme l’invraisemblable, le bizarre et le déraisonnable ; un conte où imaginaire et humour donnent toute leur force à la dimension tragi-comique de notre temps et de notre condition.

«

Concevoir une vraie utopie, brosser, avec conviction, le tableau de la société idéale, il y faut une certaine dose d’ingénuité, voire de niaiserie, qui, trop apparente, finit par exaspérer le lecteur. Les seules utopies lisibles sont fausses, celles qui, écrites par jeu, amusement ou misanthropie, préfigurent ou évoquent les Voyages de Gulliver, Bible de l’homme détrompé, quintessence des visions non chimériques, utopie sans espoir. Par sarcasme, Swift a déniaisé un genre au point de l’anéantir. »

E.M. CIORAN HISTOIRE ET UTOPIE

Swift et Catalyse : « Entrer en rêve »

La situation de handicap des interprètes de Catalyse croise les questions posées par Swift : l’expérience particulière qu’ils font de leur propre limite, la frontière parfois poreuse qu’ils vivent entre réel et imaginaire, leur manière de ne pas correspondre aux critères contemporains de l’efficacité, tout cela crée un terreau pour la réappropriation de l’univers de Swift par Catalyse. Par ailleurs, les comédiens et comédiennes de Catalyse ont comme chacun de nous cette part d’inaccessible, cette liberté obscure, ce quelque chose de secret qui échappe. Par leur handicap, peut être portent-ils plus que nous un endroit d’inconnu, un inconnu profond face à ce qui semble définir nos sociétés modernes fondées sur la rationalité, la foi en le progrès et la mécanique efficace et transparente du capitalisme.

Il ne s’agit pas pour nous d’une adaptation classique des Voyages mais de faire se rencontrer l’univers de Swift et celui des interprètes de Catalyse, de déployer leur propre part d’irrationnel et de fantastique, pour tailler une histoire et des figures à la hauteur de leur originalité – et pour, peut-être, trouver cette liberté que nous offre l’imaginaire quand nous cherchons dans l’enfoui, l’énorme et le contradictoire.
Le langage chez Swift est chahuté, il invente un vocabulaire inédit, plein de sons et de non-sens.
C’est donc aussi à travers une recherche autour du langage, d’un rapport décalé à la langue que les acteurs et actrices de Catalyse pourront entrer dans l’univers de Swift, allier leur imaginaire au sien, se faire auteurs. Par un travail d’écriture et d’improvisations, nous chercherons à les faire « entrer en rêve ».

Swift a vécu dans une époque où la transformation du monde était palpable et où le doute et l’inquiétude s’infiltraient partout, en même temps que le siècle inventait de nouvelles formes.
Cette fantasmagorie fera, de toute évidence échos aux tremblements de notre époque actuelle, balançant entre le désir de revenir en arrière et la peur et l’espoir de la transformation.

Premiers travaux de répétitions de Gulliver, le dernier voyage © Gwendal Le Flem, mars 2021 

Un processus de travail innovant :

un travail d’écriture avec Catalyse

Ce spectacle marque une nouvelle étape dans la démarche artistique pour mettre les comédiens et comédiennes de Catalyse au centre de la création. Pour la première fois, dans Gulliver, le dernier voyage les interprètes de Catalyse sont les auteurs de leurs propres textes.

Travailler sur l’œuvre de Swift, sur son pouvoir d’évocation nécessite de creuser la question du langage. Dans ce sens, nous avons cherché à ce que les acteurs et actrices expérimentent l’écriture, deviennent auteurs de leurs textes, de leur partition scénique, pour faire se rencontrer leur univers et celui de Swift. À partir de ce rapport décalé à la langue peuvent alors se créer des chemins entre la fantaisie de Swift et celle des acteurs, pour allier leur imaginaire au sien.

Pour cette recherche, les mondes créés dans les Voyages sont une grande source d’inspirations : inventions pour améliorer l’humanité, revendications politiques, blagues scatologiques. Les thèmes sont nombreux et réjouissants. Les ateliers d’écriture que nous menons depuis plus d’un an maintenant ont révélé un sens de la littérature, une singularité de style, et un imaginaire fort que chacun des acteurs s’est efforcé de développer et de mettre en mots.

Le Centre National pour la Création Adaptée, une nouvelle institution artistique et culturelle

Le Centre National pour la Création Adaptée répond à un enjeu de société. Celui de l’accès universel à l’art et à la création. En soutenant les pratiques adaptées, il contribue à donner une place dans l’histoire de l’art aux gestes artistique singuliers ainsi qu’aux femmes et aux hommes qui les portent.
L’organisation du Centre National se constitue
autour de 4 axes :
Une troupe permanente et un Phalanstère d’artistes

Pour accompagner les créations et la formation des interprètes de Catalyse, et participer à leur rayonnement.

Un Centre National de création

Pour soutenir la création adaptée et inscrire cette pratique artistique dans un dialogue avec les enjeux esthétiques et contemporains.

Un Centre d’actions artistiques

Pour créer les conditions multiples de l’accès des personnes vulnérables et de tous les publics à l’expérience culturelle, aux pratiques artistiques et à l’appropriation du sensible.

Un Centre National de recherche

Pour développer et relayer une ressource en animant la recherche et la pensée autour des pratiques adaptées et en diffusant cette connaissance.

Contact 39-41 quai du Léon — 29600 Morlaix — T 02 98 63 20 58 — contact@entresort.net

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